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M'Bisha Trio à l'esplanade Saint-Vincent - Vienne
Jazz Rhône Alpes
 

 
 

 
 

On nous avait annoncé du swing et des grands standards, certes revisités. Nous avons eu du swing, mais pas que, et des standards, mais pas que….

Pour le premier set, les trois complices de M’Bisha Trio (Benoît Thevenot au piano, Jean-Pierre Almy à la contrebasse et Andy Barron à la batterie) ont exposé quelques standards pas si classiques que ça. Nous avons pu apprécier tout l’art des musiciens pour coller à l’esprit des compositions originales tout en apportant une touche très personnelle à leur interprétation.

Les thèmes choisis sont aussi originaux et variés dans les tempos que dans les cadences et les structures. Dès le premier morceau, I want to say (écrit dans les années 80 par le batteur Victor Lewis et enregistré pour la première fois par Stan Getz et Kenny Barron), chacun des interprètes révèle ses atouts : inventivité, finesse, dynamique et un brin de fantaisie, et surtout une grande complicité. Il faut dire que nous assistons à la reconstitution du trio dans sa formation originale, et que les retrouvailles sont jubilatoires. Sans oublier Bill Evans, Michel Petrucciani a la part belle dans ce set, avec Manhattan et Cloé meets Gershwin, et nous retrouvons toute l’impétuosité du compositeur dans le jeu de Benoît Thevenot, à laquelle il apporte une touche de douceur tout à fait bienvenue. Avec un style et une gestuelle très personnels, Andy Barron produit un accompagnement bigrement efficace, sans jamais occuper exagérément l’espace sonore. Jean-Pierre Almy et sa contrebasse ne sont pas en reste, exposant quelques thèmes aux harmonies bien léchées et nous gratifiant de quelques chorus bien sentis. Après Ralph Piano Waltz de John Abercrombie et Peau Douce de Steve Swallow, le trio nous donne un avant-goût de ce que sera le deuxième set en nous interprétant Urbany, composition de Jean-Pierre Almy. Je ne pense pas trahir le public en disant que c’est, de loin, celui que nous avons préféré. Sur un rythme à trois temps, une basse omniprésente au piano et son cortège d’arpèges et d’accords tracent la voie à la contrebasse pour une promenade contemplative, que l’on imagine au petit matin tant elle est fraîche. La dernière note s’éteint lentement, retenue par le silence attentif de la salle.

Le deuxième set est une suite composée par M’Bisha ; conçue comme un cadre à l’intérieur duquel le trio évolue, elle laisse une large place à l’improvisation individuelle et collective, ce qui crée des événements pour le moins insolites aux musiciens, en témoignent le duo de percussions contrebasse / batterie à mains nues ou le chorus de batterie mettant à contribution toutes les faces des tambours et toutes les manières d’agir dessus avec les baguettes. L’ensemble évoque les ambiances nordiques telles qu’on peut les trouver chez les norvégiens (Tord Gustavsen) ou les suédois (E.S.T.). La piscine, composition de Benoît Thevenot conclut provisoirement le set, suivie en rappel d’une arithmétique sous influence de François Cordas, histoire de nous faire perdre nos repères temporels.

Nous apprécions de plus en plus la formule du dîner-concert, mais chacun son tour, et la proximité du public et des artistes, avec qui il est toujours possible d’échanger sur la musique, le répertoire du jour, ou partager quelques sensations fortes en allant ressentir en vrai les vibrations de la contrebasse.

Ah, au fait, il paraît qu’en patois normand, M’Bisha signifie … j’aime bien ça ! Et c’est bien vrai, ça !

Michel Perrier

 

 


M'Bisha Quartet à l'Intermezzo LYON.

 

Bel accueil de Raphaël et Fernanda sur la jolie terrasse de l'Intermezzo à Lyon confluence. Cette semaine, le "M'Bisha trio" (Benoît Thévenot au piano, Jean-Pierre Almy à la contrebasse et Andy Barron à la batterie invite le saxophone ténor Eric Prost.

Nous avions déjà entendu Eric Prost à maintes occasions et dans moult formations, avec le même plaisir que ce soir. Mais nous découvrons le M'Bisha trio. Nous sommes ravis, et le public subjugué par la cohésion, l'énergie et la fluidité du jeu de l'ensemble. Et sans concession le groupe va proposer un jazz résolument moderne, recevant un accueil chaleureux des auditeurs. Car c'est avec un engagement total et une grande conviction que les musiciens proposent leurs compositions personnelles : Elan, Top Clean ou la Piscine du brillantissime Benoît Thévenot ; Urbany de Jean-Pierre Almy ou l'Humeur des murs de Gildas Etvenard ; quelques thèmes connus : Dolphin dance d'Herbie Hancock, Footprints, d'autres moins connus : Peau douce de Steve Swallow, I wanted to say, ou encore Butch and Butch d'Oliver Nelson, dont Eric Prost nous indique qu'il est extrait d'un disque phare de l'histoire du Jazz : "Blues and the abstract truth".

Le trio "tourne" avec une grande complicité, des plages inspirées et des progressions dans les chorus, des prises de risque. Eric apprécie et nous aussi. Le jeu du saxophone est libéré, le duo rythmique Jean-Pierre / Andy est plus que convaincant : enthousiasmant. Après l'introduction rhapsodique du pianiste pour Elan, le thème déploie ses structures, ses phases d'improvisation et Jean-Pierre propose un Urbany résolument romanesque. La ligne mélodique, magie de l'instant !

Et le contraste entre la grandiloquence urbanistique de la Confluence et l'humilité de la démarche créatrice des jazzmen éclate. Alors que l'architecture étale ses courbes, les hirondelles, d'un coup d'aile, lui rendent le mouvement. Tandis qu'aux stridulences de leurs cris fait écho la ligne parfois suraigüe du saxophone. Nous chercherons vainement ici un parc pour enfants. Il est des univers technocratiques et financiers pour lesquels les enfants n'existent pas. Heureusement quelques musiciens, saltimbanques ou intermittents vont restituer à ce monde un peu d'humanité. A mon goût, c'est moins de la "magie du lieu" que du cœur des hommes que peut sourdre la poésie.
Belle initiative, Raphaël !

Bernard Otternaud

 
 

(extrait de la Tribune)

Fabuleux M'Bisha trio et Kenny Werner au château de Grignan.

Après une ouverture cosmopolite conduite par Ron Pitter, vieux routier du jazz américain, le trio M' Bisha a relevé le défi le 10 novembre dernier et tenu en haleine pendant plus d'une heure et demi un public admiratif et conquis. Benoît Thévenot, pianiste sensuel et mélodique par excellence, entouré de Gildas Étévenard à la batterie et de Jean-Pierre Almy à la contrebasse, merveilleux complices, ont su toucher leurs auditeurs et transmettre leur véritable bonheur d'interpréter des compositions personnelles.  Vendredi 17 novembre, autre pianiste virtuose et sans conteste l'un des meilleurs pianistes de jazz actuels, Kenny Werner était invité à se produire. Dans un style très personnel, ses compositions évoquent aussi bien Bill Evans que Debussy...

 

 

(extrait du Dauphiné Libéré)

La virtuosité du pianiste Benoît Thévenot, alliée à l'inspiration "djambée" du batteur Gildas Etévenard, contrebalancée par le tempo du contrebassiste Jean-Pierre Almy, a su créer la surprise sous les lambris de la galerie des Adhémar, au château de Grignan. M Bisha Trio,  groupe mature et ludique  propose de très fécondes compositions personnelles, alternant ballades et musique corsée, mixant standards à des impros tout en finesse.  Tenu en haleine durant une heure et demi, le public s'est régalé et n'a pas hésité à applaudir aux solos les plus époustouflants. Très vite l'aspect solennel de la galerie est passé au second plan, pour ne plus laisser passer que le souffle essentiel du jazz, celui de la liberté la plus débridée. Les désirs du public ont été satisfaits par deux rappels, détail significatif lorsque l'on sait que la fin du concert "officiel" ne signifie en rien la fin de la fête au château de Grignan...

 

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